On parle musique avec O.N.L

On démarre sur les chapeaux de roues en inaugurant le site avec le portrait d’un producteur que nous suivons depuis quelques temps déjà. Ses sets oscillants entre Techno Industrielle, Acid et Hardcore nous ont séduits de part leur brutalité et leur intensité, ne laissant aucun répit aux ravers désireux de se laisser bercer ! Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la dentelle ! O.N.L, Jean-Charles de son vrai nom, nous a accordé quelques minutes afin de répondre à nos questions.


Salut Jean-Charles, tout d’abord, merci à toi d’avoir accepté de répondre à nos questions, tu es le tout premier artiste qui inaugurera la catégorie Sonore de ce site, nous tenions sincèrement à t’en remercier !

Merci beaucoup à vous aussi, ça me fait très plaisir également !


Pour toutes les personnes qui ne te connaissent pas encore, est-ce que tu peux te présenter ?

Alors je m’appelle Jean-Charles, je produis de la techno depuis environ 4 ans, le projet s’appelle O.N.L. J’ai eu l’occasion de sortir des titres sur différents labels tels que Basement Reborn, Raven SighThe Techno’s Children et Industrial Techno United. Ce projet m’a permis de faire des dates dans différents clubs/warehouses entre la Bretagne d’où je suis originaire, Londres où j’ai habité 1 an et Paris où je vis actuellement.


Tu as commencé la musique relativement jeune, quel a été l’élément déclencheur ? Et pourquoi avoir choisi la techno comme voie plutôt qu’un autre style musical ?

J’ai commencé à mixer quand j’avais à peu près 15-16 ans et j’ai commencé à sortir un peu après pendant mes études, notamment quand j’étais à Rennes. Pour être assez honnête je n’ai pas toujours écouté de la techno, à l’origine je suis hyper fan de Marilyn Manson. Je suis fasciné par l’excentricité de ce type qu’on retrouve, selon moi, chez assez peu d’artistes… J’ai commencé à écouter de la musique électronique plus tard, en passant par l’école “classique” qui a éduquée musicalement beaucoup de gens de mon âge : Ed Banger, Bromance, Marble

L’élément déclencheur qui a fait qu’un jour je suis tombé amoureux de la techno c’était lors d’une soirée au 1988 Live Club à Rennes. Je suis allé voir jouer un mec qui s’appelle Djoh Dellinger, je ne sais pas s’il fait toujours de la musique aujourd’hui… Il a passé un morceau qui m’a littéralement glacé le sang et qui a, je m’en souviens parfaitement, retourné la salle. Le morceau c’était “Nancy’s Pantry” de Tessela. Ce jour là, je me suis dit “Ah ouais, c’est exactement ça que je veux faire !”.


Tu as cité Manson parmi les artistes que tu apprécies, est-ce que aujourd’hui encore tu puises ton inspiration d’artistes qui n’ont pas forcément de lien avec la techno ?

Oui, j’aime bien me faire encore des gros live de Rammstein ou de Metallica, c’est l’énergie qu’ils dégagent et leur prestance sur scène qui m’inspirent le plus. Je rêve de finir un set de techno sur une grosse track de System Of A Down, on n’est pas à l’abri que ça arrive un jour ! Sinon au quotidien j’écoute pas mal les vieux albums de Booba : Temps morts, Panthéon, Lunatic… J’aime ce son assez brut, assez dur qu’on ne retrouve plus trop dans le Hip-Hop actuel… C’est dommage.


Aujourd’hui, de plus en plus de monde est touché par la culture rave/techno, notamment grâce à de nombreux festivals accueillants chaque année des dizaines de milliers de personnes (Dour, Awakenings…). D’après toi, est-ce que la Techno est toujours réservée à un public de connaisseurs, ou devient-elle plutôt populaire ? Qu’en penses-tu ?

Je trouve effectivement que la techno s’est démocratisée et je trouve ça vraiment génial ! Je pense qu’en Europe la place de la Techno n’est plus contestable, qu’elle est aujourd’hui devenue très accessible grâce à ces grands festivals et je trouve que la France fait partie de ces locomotives grâce à des acteurs splendides tels que : Nuits Sonores, Astropolis, The Peacock Society et j’en passe… Shotgun a fait une super étude sur l’évolution de l’offre événementielle en France et on remarque que celle-ci a été multipliée par 4 entre 2014 et 2017 ! Et ce n’était pas des concerts de Steve Aoki !


Tout à l’heure tu nous parlais de ta volonté de jouer du System Of A Down en closing, est-ce qu’il y a des tracks que tu apprécies jouer en ce moment pour clôturer tes sets ? Quel est ton Top 3 ?

Alors tout dépend à quelle heure je joue, mais j’aime bien finir mes sets sur des tracks un peu hardcore ! Je citerais :

  • Tymon & Wladhaus – Purgatory” – Très très grosse bombe, mais attention, réservée aux connaisseurs !
  • DJ Duro – Cocaine Motherfucker (Al Pacino rmx)” – J’ai fini sur ça lors de mon set à St-Malo, y a pas de mots, c’était n’importe quoi !
  • KRTM – Medicat 11” – Bon, bah là forcément ça fait des blessés…

Et de façon plus globale, quelles sont les tracks qui ne quittent jamais ta clé USB ?

Si je devais redonner mon Top 3, je citerais :

  • Ben Techy – State of violence” – Gros coup de coeur, je l’ai joué très souvent en intro, je suis fan absolu !
  • Basswell – P O S S E S S E D” – Il y a tout ce que j’aime dans cette track ! Elle est très efficace !
  • Et j’adore à peu près toutes les tracks de “Synaptic Memories” !

Tu ne te cantonnes pas uniquement à l’univers du Djing, tu produis également tes propres sons. Tu en as d’ailleurs sorti un il y a pas longtemps, “Revolution”, qui a été joué à plusieurs reprises par deux pointures de la scène techno : Rebekah & Paula Temple. Comment as-tu réagi en voyant cela ? D’ailleurs, c’est toi qui a découvert ça tout seul ?

Ah j’étais fou de voir ça ! Pour la petite histoire, j’ai eu la possibilité d’envoyer un jour un mail à Rebekah en lui proposant d’écouter mon morceau que j’avais du sortir depuis environ 10 jours. Je  ne m’attendais pas vraiment à une réponse mais je  me suis dit que ça ne coûtait rien d’essayer ! Et 24h après, j’ai eu la surprise de voir qu’elle avait acheté mon morceau sur mon Bandcamp. Il ne m’en fallait pas plus, j’étais déjà comblé !

Quelques jours s’écoulent et je reçois une notif de Oscar Strand de Gijensu qui me tague sur une vidéo de Paula Temple qui joue mon morceau au Name Festival à Lille. Là je me suis dit “Ah ouais là c’est très très lourd !”

La semaine d’après elle joue à nouveau le morceau à Barcelone, c’est Nico Moreno qui m’envoie la vidéo sur Instagram. Je n’en revenais pas, une fois de plus !

Puis l’ADE est arrivé, je savais que Rebekah & Paula Temple jouaient ensemble et là je me suis dit “si le morceau est joué là bas, je serais sur une autre planète…”

Et je reçois un snap dans la nuit de Oguz, qui m’envoie “So proud of you ❤ ❤ “. Il était à l’ADE et il m’a envoyé un extrait du set où on entend Revolution !

J’étais trop trop trop content !


Tu as l’habitude de sortir tes productions sur des labels (que tu as cités en début d’article), pourquoi avoir décidé de prendre une autre directive avec Revolution en le sortant en solitaire ? Peux-tu également nous parler de la vidéo réalisée à l’occasion pour ce titre ?

En fait il faut savoir un truc, c’est que le titre est fini depuis déjà quelques mois ! J’ai commencé par l’envoyer à mes potes, Axel Picodot, Nico Moreno, qui jouent le titre depuis déjà quelques temps, en Italie et en France notamment… C’est une prod que j’ai eu du mal à sortir. Je ne voulais pas la proposer à des labels, parce que je sentais qu’il  y avait quelque chose de différent par rapport à tous les morceaux que j’avais sorti auparavant, et je voulais pouvoir la sortir comme je le voulais. C’est un morceau que j’ai fait tout seul, le master aussi, et j’y étais vraiment attaché. D’habitude je me lasse assez vite de mes propres morceaux, parce que je les ai trop écoutés. Pour ce morceau, j’ai décidé de faire un clip, comme tu l’as souligné, et j’ai fait appel à T L B, un mec super fort, qui a déjà fait pas mal de clips techno hyper catchy. Je voulais quelque chose comme ça pour le morceau ! On s’est mis d’accord sur la Révolution Russe pour les images, parce que ça parle à tout le monde. On ne tombe pas dans le cliché direct des révolutions en Afrique et les couleurs me plaisaient vraiment.

Je voulais me prouver que j’étais capable de sortir des morceaux sans le support d’un label. Je pense que j’ai plutôt réussi mon pari car je n’avais jamais réussi à toucher autant de monde auparavant et j’ai pu garder la main sur tout le processus : de la création jusqu’à la sortie.


Tu nous disais que tu sentais que quelque chose était différent avec ce titre par rapport à tes productions précédentes, est-ce que le processus de création a lui aussi été différent ? Ou est-ce que tu suis toujours des étapes précises quand tu te mets à produire ? Si tu as des rituels, des habitudes, dis nous tout !

J’essaie d’être le plus libre possible dans la création, de ne pas réutiliser des choses qui ont pu me servir sur un morceau précédent. Je commence toujours mes morceaux, de façon assez peu originale, par le kick, mais je m’efforce de trouver le plus rapidement possible ce qui va être la clé du morceau. En l’occurrence, pour Revolution c’est le sample de la voix. Je suis retombé dernièrement sur une vidéo que j’avais pris quand je produisais Revolution et en seulement 4 pistes j’avais déjà le coeur du morceau ! Une fois que l’on a cette base d’éléments, l’inspiration vient assez naturellement pour enrichir la track et la finir assez rapidement !


Il y a deux écoles de producteurs aujourd’hui, ceux qui sont nostalgiques et préfèrent l’analogique, et ceux qui font plutôt confiance au numérique, tu te situes où par rapport à ça ?

Entre les deux ! J’adore les synthés, les boîtes à rythme, les sampleurs, tout le matos possible et inimaginable, j’en possède un peu d’ailleurs… Mais pour être très honnête, je me sers principalement de ce que j’ai sur mon ordi. On a un sacré avantage aujourd’hui qui est de pouvoir faire de la musique un peu partout. Les logiciels, les plugins, les samples, tous ces outils super accessibles nous permettent d’exercer notre passion là où bon nous semble. Pour moi le meilleur set-up ça restera toujours mon ordi et mon casque. C’est vrai que ça fait moins rêver mais ça fait gagner du temps et économiser de l’argent.


Bien vu ! Et c’est une bien belle façon de conclure. Quelques mots pour la fin ?

Eh bien, je voudrais remercier tous les gens qui me soutiennent dans mon projet, ceux qui m’envoient des messages, ceux qui jouent mes morceaux, ceux qui viennent me voir sur les dates.. C’est vraiment des choses qui me touchent et qui me motivent à continuer à plus que jamais !

Merci de nous avoir consacré un peu de ton temps, et nous espérons sincèrement que la suite du projet O.N.L nous réservera d’autres belles surprises !


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