Tous en banlieue pour échapper à la monotonie de la ville !

Imaginez vous, en bout de course du RER B, en train de vous fier à votre GPS sur votre smartphone, dans le but de trouver une adresse qui vous a été communiquée il y a quelques heures de cela.

Votre plan vous indique que vous vous situez en plein milieu d’une zone industrielle, dans une ville dont vous aviez seulement entendu parler très brièvement. Un son pesant se laisse entendre au loin, sans doute les prémices d’une bonne soirée.

Quelques groupes de personnes ont l’air de chercher la même chose que vous, vous décidez donc de les suivre. Vous arrivez devant un grand bâtiment, d’apparence désaffecté, aux murs en béton brut qui ne laissent que transparaître un son sourd et répétitif. Aucun doute, vous êtes bien arrivé.

© MatamorosMariana.Ph – Possession ACAB, 24/11/2018

Vous parvenez à trouver l’entrée de cette soirée, où vous présenterez votre billet acheté tant bien que mal, à cause d’une demande en forte hausse. Si vous avez été tardif, il se peut même que vous ayez dégoté votre billet sur une application de revente, car, par chance, une autre personne s’était désistée.

© MatamorosMariana.Ph – Possession ACAB, 24/11/2018

Vous pénétrez enfin ce bâtiment, qui d’apparence ressemble plutôt à une ancienne usine métallurgique qu’à un lieu de soirée “standard”, dont nous avons l’habitude dans nos centres-villes. Plongé dans le noir, et dans l’humidité, sous un plafond immense consolidé par de grandes poutres métalliques, le sol tremble au rythme des DJ qui se succèdent.

© MatamorosMariana.Ph – Possession ACAB, 24/11/2018

La foule est déchaînée, les corps transpirants s’entrechoquent et se laissent aller au fil de la soirée, dans ce lieu où même le temps semble s’être arrêté et où tout semble être permis.

© MatamorosMariana.Ph – Possession ACAB, 24/11/2018

Si cette introduction paraît être un récit de fiction utopique, il n’en est rien, et ce grâce à de nombreux collectifs qui se donnent corps et âmes, pour nous, éternels fêtards du samedi soir (et autres jours de la semaine pour les plus téméraires).

À mi chemin entre la rave party, partagée de bouche à oreille, et la soirée conventionnelle en boîte, les soirées en “warehouse” (littéralement “entrepôt”) se démocratisent, dans le but d’échapper aux diktats des clubs et laisser libre court à l’imagination de tous ces collectifs qui rivalisent d’inventivité, pour nous proposer des expériences nocturnes réellement percutantes.

S’extirpant des configurations préconçues, les collectifs comme Possession, BNK, et consorts arrivent à chaque nouvel événement à proposer des scénographies inédites, où se mêlent art sonore et art visuel.

Certains prônent une liberté sexuelle la plus totale et LGBTQ+ friendly (sous réserve de consentement mutuel, bien évidemment). D’autres invitent à la solidarité en faisant intervenir le public pour des causes communes (redistribution de denrées alimentaires par exemple). C’est avec chacune leurs revendications que ces associations arrivent à nous réunir autour d’une passion commune : la musique.

Cependant, tout cela ne se passe pas sans difficultés. En effet, avec la situation actuelle en France, c’est aussi parfois ces petits collectifs qui en pâtissent. Rares ne sont pas les annulations d’événements et autres complications dues à des interventions Policières, menant dans le pire des cas à des saisies. C’est notamment le cas des collectifs Possession, Fée Croquer, et bien d’autres encore, qui ont du dernièrement faire face à l’annulation de certains de leurs événements.

Toutefois, les soirées en warehouse demeurent résolument une expérience à vivre pour les aficionados de soirées techno (et pas seulement), qui cherchent à extérioriser leur énergie jusqu’au petit matin.

La lumière du jour est déjà visible depuis quelques heures à travers le toit vitré de cet entrepôt. Il est désormais 10h. C’est les pieds usés, les oreilles bourdonnantes et la tête pleine de souvenirs que vous vous dirigez vers la station de RER la plus proche, la même par laquelle vous êtes arrivé quelques heures plus tôt. Vous finirez votre nuit dans votre canapé, encore tout habillé, en attendant avec impatience le prochain événement.